Taux de mortalité et de réhospitalisation en baisse grâce à Cardiauvergne


12 juin 2014

Le dispositif Cardiauvergne de télésurveillance de l'insuffisance cardiaque dans la région Auvergne donne de premiers résultats encourageants, qui suggèrent une possible réduction de la mortalité et du risque de réhospitalisation des patients suivis.

L’insuffisance cardiaque chronique, première cause d’hospitalisation après 60 ans avec 220 000 admissions par an, est l’une des pathologies qui présente un des pronostics les plus défavorables. Pour faire face à cet enjeu de santé publique, un service de télésurveillance et de coordination des soins a été mis en place en Auvergne pour surveiller de très près les patients les plus graves en impliquant les professionnels de santé de proximité : le réseau Cardiauvergne (ouvre un nouvel onglet).

Un dispositif global

Depuis son démarrage en janvier 2012, 558 patients ont été inclus dans Cardiauvergne.

Ces derniers, suite à un entretien, se sont vu remettre une balance connectée, afin de transmettre quotidiennement leur poids à un serveur.
Ils ont été par la suite vus deux fois par semaine (puis une fois par mois quand ils étaient stabilisés) par une infirmière qui télétransmettait via un smartphone les signes cliniques (dyspnée, fatigue, oedèmes...) ainsi que la pression artérielle et la fréquence cardiaque.
Les biologistes télétransmettaient quant à eux les résultats d'analyses.
Les pharmaciens, également impliqués, envoyaient par messagerie sécurisée une copie des ordonnances, afin de vérifier que les adaptations de traitement étaient bien faites.

Le projet a été développé initialement en collaboration avec la société clermontoise Almerys, filiale d'Orange pour le système expert qui gère les alertes et alarmes.

Des résultats encourageants

Après 2 ans, le Pr Jean Cassagnes a présenté en avril dernier un premier bilan de l’expérience et les résultats sont significatifs avec des taux de mortalité et de ré-hospitalisation en baisse !

Chez les 558 patients évalués à fin décembre 2013, le taux de mortalité à un an s'établissait à 12%. En comparaison, "les registres d'insuffisance cardiaque en Europe donnent des taux de mortalité chez des patients de gravité équivalente entre 26% et 35%", selon le Pr Cassagnes.

Pour les réhospitalisations, le taux annuel était de seulement 13,6%, comparé à 28% à 40% selon les données publiées. Il y avait également une réduction de la durée moyenne de séjour: 9,2 jours en moyenne comparé à 10,5 jours.

Le Pr Cassagnes estime à environ 2.000 le nombre de patients pouvant être concernés dans sa région. On n'est donc pas encore au maximum des possibilités d'inclusion dans Cardiauvergne, mais cela augmente progressivement.